Microkinésithérapie - Un peu d’histoire

par Patrice Benini, co-fondateur de la
microkinésithérapie, avec Daniel Grosjean.

Comment est née la microkinésithérapie ?

Patrice Bénini : Après avoir passé mes diplômes
de kinésithérapie et d’ostéopathie, je me suis
installé en libéral, au début des années 70.
Rapidement, j’ai pris conscience des limites de
ces deux pratiques : l’une rééduque, l’autre
libère le symptôme sans se préoccuper de la
cause du dysfonctionnement. Daniel Grosjean,
avec qui j’avais suivi mes études d’ostéopathie,
et moi constations que nos corrections ne
« tenaient » pas. Nous avons alors décidé d’aller
plus loin, c’est-à-dire aller à la source de
l’événement fauteur de trouble, ce que l’on
nomme l’étiologie. Que s’est-il passé pour que le
corps réagisse ainsi ?

Nos recherches ont débuté un mercredi soir, 4
heures durant, sur une patiente qui l’est toujours
aujourd’hui ! Ensuite, tous les jeudis après-midi, à
quatre mains, nous avons, tous les deux, identifié
trois systèmes musculaires bien distincts, à gauche
comme à droite.Cela nous a pris quinze ans.

Quelle était votre intuition, au départ ?

Patrice Bénini : Pour nous, la manipulation seule
de l’os, comme on la pratique en ostéopathie, ne
conduisait pas à la guérison totale et durable du
patient. Nous pressentions, en revanche, que la
correction du muscle avait un pouvoir libérateur
sur la structure et sur l’os, au point que les
blocages ne réapparaissaient pas. En outre, elle
exonérait le patient d’une manipulation souvent
douloureuse. Grâce à la cartographie des
systèmes musculaires, notre intuition s’est
confirmée : ce n’est jamais nous qui corrigeons
mais bien le muscle qui vient chercher sa
réparation. Nous, microkinésithérapeutes, ne
sommes que les femmes et hommes de ménage
du corps humain !

Trouvez-vous toujours la cause du symptôme ou du dysfonctionnement chez vos patients ?

Patrice Bénini : Vaste question ! Nous pouvons
passer à côté, rater la source. Cela peut arriver si
nous sommes en présence d’une cause nouvelle
que nous n’avons pas encore identifiée. Nous
allons donc adapter notre palpation : rotation,
dos ou talon de la main, du bout des doigts…
C’est là la clé des avancées de la microkinésithérapie
qui évolue sans cesse au rythme
des nouvelles pathologies. On n’en a jamais
terminé avec l’enrichissement de cette discipline !

Pourquoi n’avoir jamais communiqué sur la microkinésithérapie ?

Patrice Bénini : J’ai cru longtemps que le
bouche-à-oreille des patients satisfaits suffirait.
Le temps a passé, nous nous sommes concentrés
sur nos recherches et sur nos patients. Nous
nous sommes investis également dans
l’organisation de la profession autour du centre
de formation qui oeuvre en France et dans le
monde entier. Il est vrai que la communication
a été laissée de côté.

vendredi 17 juin 2011 , par Fanny Sylvestre - administratrice

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